Quand l'abattoir vient à la ferme

Accueil » Protection animale

Protection animale

L’objectif de l’abattoir mobile est notamment que les personnes chargées de l’abattage puissent prendre le temps. Prendre le temps de s’assurer que l’animal vienne dans le camion sans le bousculer ni bousculer son éleveur, prendre le temps de vérifier que l’animal est bien étourdi, prendre le temps de vérifier qu’il est bien mort…
Nous allons donc respecter la réglementation qui assure que l’animal n’est pas victime de violence mais aussi, les règlements sanitaires…
Mais surtout, nous allons nous assurer du bon respect des animaux. Et aujourd’hui, cela la réglementation ne l’assure pas! Nous souhaitons faire nettement mieux en matière de respect des animaux et d’organisation du travail.

Nous assurer que l’animal ne souffrira pas lors de l’abattage est une dimension majeure de notre projet.
L’animal pourra mourir sur son lieu de vie tout en bénéficiant des mêmes solutions « techniques » qui s’opèrent en abattoir classique (contention, étourdissement notamment).

Abattre à la ferme, sur le lieu de naissance et de vie de l’animal, c’est lui épargner un long transport, une attente anxiogène en bouverie, la manipulation par des inconnus et plus que tout, s’assurer que le processus de mise à mort est correctement mis en œuvre. C’est le respect de l’animal, tout simplement.

Le respect de l’animal : une exigence essentielle

Pour le respect des animaux , notre Collectif souhaite aller au-delà des « recommandations classiques » en vigueur dans les abattoirs, concernant la protection animale. Mais surtout, nous souhaitons que ces processus soient scrupuleusement appliqués, ce qui n’est pas le cas dans de nombreux abattoirs industriels par manque de formation des opérateurs et du fait des exigences de cadences.

Nous souhaitons nous engager sur un certain nombre d’éléments qui seront les garants du respect des animaux lors de cette ultime étape de leur existence. En voici les principales composantes :

  • Un matériel de contention adapté à chaque espèce;
  • Étourdissement obligatoire pour toutes les espèces;
  • Contrôle de l’effectivité de l’étourdissement (la qualité de l’étourdissement sera  évaluée avant la réalisation de toute autre procédure);
  • Deuxième étourdissement si le premier n’a pas fonctionné ou n’est pas suffisamment opérant;
  • Temps réduit entre l’étourdissement et la saignée (maximum 60 secondes pour les bovins);
  • Mise à mort accomplie par des « tueurs » professionnels c’est à dire un personnel formé et expérimenté sachant notamment manipuler correctement les animaux;
  • Contrôle au poste d’abattage par le vétérinaire chargé également de réaliser les inspections ante et post mortem;
  • Présence de l’éleveur (si il le souhaite), et possibilité pour des représentants d’associations de protection animale soutenant cette alternative d’assister à des abattages.
  • Présence obligatoire d’un matériel en état de fonctionner, et d’un matériel de remplacement (étourdissement);
  • Une attente d’au moins 3 minutes entre la saignée et le début des opérations de traitement de la carcasse.

La présence de certaines associations de protection animale dans le Collectif est aussi une garantie de notre engagement en faveur de la prise en charge de la souffrance animale.

Prendre le temps d’accomplir les bons gestes

Cette dimension temporelle est fondamentale.
Lors des récents travaux de la commission d’enquête, la question des cadences d’abattage a été longuement évoquée et dénoncée par les associations de protection animale mais aussi, par les syndicats représentant les ouvriers d’abattoirs.

Il faut aller vite, toujours plus vite dans un système où la mort s’industrialise sans laisser aucune place aux besoins primaires des animaux.
Hommes et animaux sont réduits à l’état de machine, le tout faisant naître une grande souffrance à la fois physique et psychique.

Notre modèle est  bien différent puisque selon les évaluations dont nous disposons (en provenance des abattoirs mobiles en Europe) : le temps nécessaire au professionnel pour abattre un bovin (le conduire jusqu’au camion, l’étourdir, le saigner), dans certains abattoirs mobiles, est de 20/25mn, davantage si besoin est.
Imaginez, dans les plus gros abattoirs industriels, la chaine d’abattage peut abattre jusqu’à 70 bovins à l’heure!

Comment, dans cette frénésie des cadences être en mesure de prendre le temps de faire les bons gestes? C’est impossible. Cela aboutit aux images dramatiques que nous avons pu voir récemment.

%d blogueurs aiment cette page :