Quand l'abattoir vient à la ferme

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ABATTOIRS : Et si on parlait éthique …

Une fois de plus, les adeptes du gore ont frappé !

Mais de qui ou de quoi parle-t-on exactement, de défense des animaux ou bien d’une entreprise de démolition des activités de l’élevage ?

Certes nul ne peut rester insensible devant des images aussi choquantes que révoltantes mais il importe aussi d’analyser avec un peu de recul les conditions objectives qui ont pu engendrer une telle situation.
Comment peut-on imaginer qu’un éleveur digne de ce nom envoie à l’abattoir des animaux qu’il a nourri pendant de longs mois, au moment où ceux-ci arrivent au terme de leur fonction première : la reproduction ? N’est-il pas de l’intérêt de celui-ci de récolter le fruit de son travail ?

Un veau, un agneau, un porcelet … représente une valeur marchande de premier plan en système allaitant, bien que celle-ci soit plus négligeable dans les systèmes laitiers qui doivent se débarrasser au plus vite des jeunes animaux qui viennent en concurrence avec la production de lait des mères.
Quoi qu’il en soit, on ne fait pas abattre un animal qui arrive au terme de sa gestation !

Question d’éthique …

En tant qu’éleveur, il m’est arrivé une fois de sacrifier accidentellement une agnelle qui avait été engrossée à mon insu (mais de son plein gré !) par un petit camarade. J’ai ressenti à ce moment-là un profond malaise et une grande culpabilité.
Car il est évident que l’on doit respecter doublement un animal porteur de vie.

… mais aussi de bon sens économique

En effet, la viande d’un animal en fin de gestation n’est guère propice à la consommation. De plus, celui-ci ayant puisé sur ses réserves pour nourrir le  -ou les- fœtus ne peut produire une viande ni de qualité ni en quantité. Cette viande est donc déclassée et son prix sera au plus bas.
Quant au poids de carcasse, il ne sera guère optimal, puisqu’il n’y a pas d’engraissement possible.

Mais ne nous voilons pas la face. Si de telles pratiques existent, elles sont aussi le reflet et la conséquence de la crise que traversent les élevages, des problèmes de trésorerie de plus en plus insolubles, des charges qui plombent l’activité, tout ceci aggravé par une sécheresse inhabituelle et autres évènements climatiques, ainsi que les dommages directs ou collatéraux des épizooties à répétition, le tout complété par une PAC nébuleuse qui contribue à embrumer un horizon déjà bien bouché.

Yves Pierre Malbec  – berger-paysan dans le LOT – Novembre 2016

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